Abolissons le dépôt maintenant
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le 31 janvier 2005
(OTTAWA) – Au moment où les ministres de l’Agriculture des paliers fédéral et provincial s’apprêtent à se réunir, le 8 février, pour discuter du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA), les agriculteurs tiennent à souligner une fois de plus l’urgence d’abolir le dépôt obligatoire dans le PCSRA.
Le président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), Bob Friesen, explique : « Les membres de la FCA ont appris que les ministres fédéral et provinciaux conviennent presque à l’unanimité que l’option de dépôt n’est pas conforme aux exigences du PCSRA. Il nous semble donc incompréhensible que le dépôt n’ait toujours pas été aboli. Il faut que les ministres de l’Agriculture exercent un leadership dans ce dossier, tout de suite. »
Le PCSRA est le programme fédéral qui doit aider les agriculteurs aux prises avec des problèmes de revenus. Pour y participer, les agriculteurs doivent actuellement faire un dépôt initial. Les agriculteurs sont donc contraints d’utiliser leurs marges de crédit d’exploitation pour faire ce dépôt alors que bon nombre d’entre eux se demandent s’ils auront assez d’argent pour fonctionner cette année. Même au niveau actuel qui représente le tiers du plein montant, la somme des dépôts effectués dans le PCSRA au Canada s’élève tout de même à plus de 566 millions de dollars. À un taux d’intérêt de 6 %, le coût du maintien de ces dépôts atteint 34 millions de dollars au cours de la première année seulement.
« Le dépôt immobilise le fonds de roulement de l’agriculteur. C’est de l’argent qui sort des poches des agriculteurs pour aller gonfler les profits des banques, a ajouté Bob Friesen. Au moment où nous affrontons la pire crise du revenu agricole depuis des décennies et où nous cherchons désespérément des solutions, voici un élément de solution : l’abolition du dépôt ferait une différence de 5 % dans le revenu net moyen des producteurs agricoles. »
Le dépôt obligatoire occasionne aussi des frais d’administration au gouvernement fédéral. Ce dernier estime d’ailleurs que l’administration du dépôt obligatoire dans le PCSRA lui coûte environ 14 millions de dollars. Contrairement aux producteurs, toutefois, le gouvernement n’est pas tenu de placer des crédits initiaux dans les comptes PCSRA des agriculteurs.
« Si le gouvernement n’a pas à mettre de côté des fonds initiaux pour prouver son engagement à l’égard du programme, pourquoi les producteurs devraient-ils contracter des prêts et risquer leurs liquidités pour le faire, se demande Bob Friesen. Évidemment, nous voulons que les producteurs s’engagent à fond dans le programme. Mais peut-on vraiment penser qu’un endettement accru favorise l’engagement? »
En vertu des exigences actuelles, les agriculteurs doivent faire leur premier dépôt au tiers du montant total d’ici le 31 mars 2005. « Même s’ils conviennent du bien-fondé de l’abolition des dépôts, les ministres insistent néanmoins pour que les producteurs les fassent. Il s’agit là d’une exigence abusive. La procrastination est inexcusable : abolissons le dépôt maintenant », conclut le président de la FCA.
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Fondée en 1935 par les agriculteurs qui souhaitaient se doter d’un porte-parole unique à Ottawa, la Fédération canadienne de l’agriculture est l’organisme agricole le plus important au Canada. Au nombre de ses membres, l’on compte des organismes agricoles provinciaux dont le mandat est d’ordre général ainsi que des organismes nationaux et interprovinciaux qui représentent des producteurs de toutes les provinces. Par l’entremise de ses organismes membres, la FCA représente plus de 200 000 agriculteurs et familles agricoles.


