COMMENTAIRE D'ÉLECTION le 22 juin 2004
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Personne-ressource
Bob Friesen
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Directrice exécutive de la FCA
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C'est le quatrième d'une série de cinq commentaires par des dirigeants agricoles canadiens sur des questions d'agriculture dans cette élection fédérale.
Le valeur de l'agriculture
Par Bob Friesen, président, la Fédération canadienne de l'agriculture
L'expression " valeur ajoutée " est plutôt à la mode dans le milieu des affaires en ce moment. Vous savez sans doute qu'elle signifie " en faire un petit peu plus " ou " pousser un peu plus loin " pour accroître la valeur marchande d'un produit et pour le consommateur.
De nos jours, dans les aliments qu'ils produisent, les agriculteurs canadiens et l'industrie offrent beaucoup de valeur ajoutée aux consommateurs. Ainsi, le producteur canadien moderne participe de son plein gré à des initiatives pour l'environnement et la salubrité des aliments, et ce, afin de garantir au consommateur des aliments qui sont non seulement de la plus grande qualité selon les normes mondiales, mais qui figurent aussi parmi les plus sûrs, tout en étant produits dans le souci de réduire au minimum les répercussions sur notre environnement fragile.
Dans les années 1990, la Fédération canadienne de l'agriculture et les principaux groupements nationaux de producteurs spécialisés ont constaté que de plus en plus de consommateurs réclamaient des normes mesurables en matière de salubrité des aliments. Ils ont donc entrepris d'élaborer une approche canadienne de la salubrité des aliments qui serait dirigée par les producteurs. Aujourd'hui, 19 groupements nationaux de producteurs spécialisés ont mis au point des programmes nationaux de salubrité des aliments à la ferme pour leurs producteurs ou sont en train de le faire.
Dans les dossiers environnementaux aussi les agriculteurs ouvrent la voie. La terre étant à la fois leur maison et leur gagne pain, ils sont naturellement portés à en assurer la bonne gestion environnementale. D'un océan à l'autre, ils s'emploient à réduire les incidences que leurs activités peuvent avoir sur l'environnement, en mettant en œuvre une foule de mesures comme les plans agroenvironnementaux, les pratiques de gestion exemplaires et la lutte intégrée.
Le défi des agriculteurs c'est que ces initiatives volontaires (dont tous les Canadiens tirent profit) ont un coût, un coût que les agriculteurs assument seuls. Au moment où la rentabilité des fermes est déjà compromise par des facteurs indépendants de la volonté des agriculteurs, par exemple les catastrophes météorologiques, la distorsion des marchés mondiaux et les épizooties, les agriculteurs se demandent comment ils pourront continuer à rendre ces services à la population tout en demeurant rentables.
C'est ici qu'intervient l'élection. L'élection est une occasion pour les dirigeants politiques éventuels de montrer qu'ils appuient les initiatives dirigées par les agriculteurs, et de proposer des solutions pour aider les agriculteurs à demeurer concurrentiels et rentables tout en poursuivant ces initiatives.
Dans le dossier de la salubrité des aliments, les agriculteurs ont besoin que leur gouvernement s'engage à poursuivre ce partenariat original qu'il a établi avec l'industrie. Tout parti désireux de former un gouvernement doit reconnaître qu'il importe que ces programmes appartiennent à l'industrie et soient gérés par elle. Il doit aussi reconnaître l'importance d'un soutien gouvernemental continu - sous forme d'aide économique, de facilitation et d'appui politique - pour assurer la viabilité à long terme de ces programmes.
Au chapitre de l'environnement, les agriculteurs ont besoin que leur gouvernement reconnaisse les initiatives volontaires qui ont été lancées, tout en convenant que les agriculteurs ne devraient pas être contraints à en assumer seuls les coûts. Le gouvernement doit s'engager à travailler en concertation avec l'industrie pour rédiger de nouveaux règlements environnementaux qui n'imposeront pas un fardeau supplémentaire excessif aux producteurs. En améliorant l'efficacité et la responsabilisation de structures actuelles comme l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), on peut donner un coup de fouet à la compétitivité de l'industrie agricole canadienne. L'ARLA refuse aux agriculteurs canadiens l'accès à de nombreux produits antiparasitaires alors qu'ils sont sûrs et efficaces et s'utilisent déjà aux États-Unis et en Europe. Le Canada doit promouvoir l'adoption d'un système international harmonisé qui serait efficace tant sur le plan des délais que sur celui des coûts.
Toutefois, ce que les agriculteurs attendent le plus de leur gouvernement, c'est la garantie que toutes les politiques qui seront élaborées sur la salubrité des aliments et l'environnement le seront en collaboration avec l'industrie.
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Fondée en 1935 a fin de donner une seule voix unifiée aux agriculteurs canadiens, la Fédération canadienne de l'agriculture (FCA) est le plus important organisme agricole au pays. On trouve, parmi ses membres, des organismes agricoles provinciaux et des groupements nationaux et interprovinciaux de producteurs spécialisés. Par l’entremise de ses membres, la Fédération représente plus de 200 000 agriculteurs canadiens et familles canadiennes d'agriculteurs, d'un océan à l'autre.


