Par Bob Friesen, Président de la FCA
Voici une petite expérience que je vous invite à essayer. Prenez une bâche. Étirez‑la complètement et suspendez‑la en l’attachant à des pieux. Jetez quelques balles de tennis sur la bâche. Elles rouleront un peu, mais la bâche restera suspendue au même niveau. Maintenant, jetez une boule de quilles au milieu de la bâche. Voyez comment la boule crée une dépression qui tire la bâche vers le sol. Vous verrez aussi les petites balles de tennis rouler vers le centre.
Ce que je viens de décrire est une métaphore illustrant l’effet des subventions versées par les États‑Unis à leurs agriculteurs. La bâche c’est le marché, c’est‑à‑dire qu’elle représente les prix que nous obtenons pour nos produits. Les balles de tennis, c’est nous, les agriculteurs canadiens et les autres agriculteurs aux quatre coins de la planète. Quand la boule de quilles, qui représente les subventions américaines, est lancée dans la bâche, les prix baissent et nous entraînent avec eux.
C’est ce dont on débat actuellement à l’OMC – la mesure dans laquelle des pays comme les États‑Unis peuvent fausser les échanges commerciaux dans le monde et forcer les agriculteurs canadiens à faire la concurrence avec le Trésor américain. Il est impératif que le Canada réussisse à réellement faire baisser les subventions américaines à l’OMC. Par le biais de leurs primes de complément de prêt, leurs programmes contracycliques de paiements et leurs programmes de prix cibles pour les céréales et les oléagineux, les États‑Unis ont créé une surproduction massive des denrées et ont fait chuter les prix mondiaux. Ces mesures assurent notamment la stabilité des producteurs agricoles américains et leur fournissent un soutien au revenu mais causent également un fléchissement des prix et un interfinancement implicite des producteurs de bétail, des industries de la viande, de l’éthanol et d’autres industries à valeur ajoutée. Dans sa plus récente présentation à l’OMC, les États‑Unis ont signalé un soutien interne total s’élevant à 72 milliards de dollars US, équivalant à 36 pour cent de la valeur totale de leur production. Par contraste, le soutien total accordé par le Canada se chiffre à 3 milliards de dollars CAN ou à 14 pour cent de la valeur de la production de notre pays.
Les paiements versés en vertu du Farm Bill américain ont un effet de distorsion sur la compétitivité de tous les secteurs nord-américains et, étant donné que les États-Uns sont le principal partenaire commercial du Canada, ils nuisent considérablement à la capacité des producteurs canadiens d’être compétitifs et de tirer un revenu équitable du marché.
Actuellement à l’OMC, les négociations portant sur le soutien interne visent à créer une formule de réduction en vertu de laquelle les pays qui subventionnent le plus leurs producteurs seraient obligés d’apporter les plus fortes réductions. Le problème est que ces mesures visent à réduire ce que les pays sont « autorisés » à dépenser, et non pas ce qu’ils dépensent en réalité. La plus récente position adoptée par les États‑Unis était qu’ils seraient prêts à réduire de 60 pour cent les limites globales du soutien à effet de distorsion. Bien que cela puisse sembler une importante réduction, d’après les prévisions de l’USDA et les calculs du gouvernement du Canada, actuellement, la limite globale fixée pour le soutien faussant les échanges par les États‑Unis s’élève à 48 milliards de dollars par an et même une réduction de 60 pour cent des dépenses autorisées ne réduirait pas les dépenses actuelles de ce genre aux États‑Unis. Essentiellement, les États‑Unis promettent de ne pas jeter une autre boule de quilles sur la bâche, mais ils ne retireront pas la première.
Tel que les choses se présentent actuellement, quel est l’enjeu des négociations actuelles à l’OMC pour les producteurs canadiens? En dépit du fait que nous avons déjà considérablement réduit nos programmes depuis le cycle d’Uruguay, le cycle de Doha se traduira par d’autres réductions des dépenses réelles engagées pour aider les agriculteurs canadiens. En revanche, les agriculteurs américains continueront de bénéficier du même niveau de dépenses. Le 20 juin, des politiciens américains siégeant au Sous‑comité sur l’agriculture à la Chambre des représentants aux États-Unis ont voté à l’unanimité de prolonger pendant encore cinq ans les subventions accordées aux termes du Farm Bill. Cela signifie que les distorsions commerciales qui nuisent aux producteurs canadiens sur le marché des céréales et du bétail se poursuivront, voire empireront.
Le cycle de Doha de l’OMC doit aboutir à des réductions réelles du soutien interne ayant un effet de distorsion sur les échanges commerciaux. Les producteurs canadiens ont le droit de vendre leurs produits sur un marché équitable où ils sont sur un pied d’égalité avec les autres producteurs.
Par Bob Friesen, Président de la FCA
Voici une petite expérience que je vous invite à essayer. Prenez une bâche. Étirez‑la complètement et suspendez‑la en l’attachant à des pieux. Jetez quelques balles de tennis sur la bâche. Elles rouleront un peu, mais la bâche restera suspendue au même niveau. Maintenant, jetez une boule de quilles au milieu de la bâche. Voyez comment la boule crée une dépression qui tire la bâche vers le sol. Vous verrez aussi les petites balles de tennis rouler vers le centre.
Ce que je viens de décrire est une métaphore illustrant l’effet des subventions versées par les États‑Unis à leurs agriculteurs. La bâche c’est le marché, c’est‑à‑dire qu’elle représente les prix que nous obtenons pour nos produits. Les balles de tennis, c’est nous, les agriculteurs canadiens et les autres agriculteurs aux quatre coins de la planète. Quand la boule de quilles, qui représente les subventions américaines, est lancée dans la bâche, les prix baissent et nous entraînent avec eux.
C’est ce dont on débat actuellement à l’OMC – la mesure dans laquelle des pays comme les États‑Unis peuvent fausser les échanges commerciaux dans le monde et forcer les agriculteurs canadiens à faire la concurrence avec le Trésor américain. Il est impératif que le Canada réussisse à réellement faire baisser les subventions américaines à l’OMC. Par le biais de leurs primes de complément de prêt, leurs programmes contracycliques de paiements et leurs programmes de prix cibles pour les céréales et les oléagineux, les États‑Unis ont créé une surproduction massive des denrées et ont fait chuter les prix mondiaux. Ces mesures assurent notamment la stabilité des producteurs agricoles américains et leur fournissent un soutien au revenu mais causent également un fléchissement des prix et un interfinancement implicite des producteurs de bétail, des industries de la viande, de l’éthanol et d’autres industries à valeur ajoutée. Dans sa plus récente présentation à l’OMC, les États‑Unis ont signalé un soutien interne total s’élevant à 72 milliards de dollars US, équivalant à 36 pour cent de la valeur totale de leur production. Par contraste, le soutien total accordé par le Canada se chiffre à 3 milliards de dollars CAN ou à 14 pour cent de la valeur de la production de notre pays.
Les paiements versés en vertu du Farm Bill américain ont un effet de distorsion sur la compétitivité de tous les secteurs nord-américains et, étant donné que les États-Uns sont le principal partenaire commercial du Canada, ils nuisent considérablement à la capacité des producteurs canadiens d’être compétitifs et de tirer un revenu équitable du marché.
Actuellement à l’OMC, les négociations portant sur le soutien interne visent à créer une formule de réduction en vertu de laquelle les pays qui subventionnent le plus leurs producteurs seraient obligés d’apporter les plus fortes réductions. Le problème est que ces mesures visent à réduire ce que les pays sont « autorisés » à dépenser, et non pas ce qu’ils dépensent en réalité. La plus récente position adoptée par les États‑Unis était qu’ils seraient prêts à réduire de 60 pour cent les limites globales du soutien à effet de distorsion. Bien que cela puisse sembler une importante réduction, d’après les prévisions de l’USDA et les calculs du gouvernement du Canada, actuellement, la limite globale fixée pour le soutien faussant les échanges par les États‑Unis s’élève à 48 milliards de dollars par an et même une réduction de 60 pour cent des dépenses autorisées ne réduirait pas les dépenses actuelles de ce genre aux États‑Unis. Essentiellement, les États‑Unis promettent de ne pas jeter une autre boule de quilles sur la bâche, mais ils ne retireront pas la première.
Tel que les choses se présentent actuellement, quel est l’enjeu des négociations actuelles à l’OMC pour les producteurs canadiens? En dépit du fait que nous avons déjà considérablement réduit nos programmes depuis le cycle d’Uruguay, le cycle de Doha se traduira par d’autres réductions des dépenses réelles engagées pour aider les agriculteurs canadiens. En revanche, les agriculteurs américains continueront de bénéficier du même niveau de dépenses. Le 20 juin, des politiciens américains siégeant au Sous‑comité sur l’agriculture à la Chambre des représentants aux États-Unis ont voté à l’unanimité de prolonger pendant encore cinq ans les subventions accordées aux termes du Farm Bill. Cela signifie que les distorsions commerciales qui nuisent aux producteurs canadiens sur le marché des céréales et du bétail se poursuivront, voire empireront.
Le cycle de Doha de l’OMC doit aboutir à des réductions réelles du soutien interne ayant un effet de distorsion sur les échanges commerciaux. Les producteurs canadiens ont le droit de vendre leurs produits sur un marché équitable où ils sont sur un pied d’égalité avec les autres producteurs.